Les archives de Carnet de Bals
Journée du Patrimoine : 1870 à Breteuil
L’annonce et ses documents
Journée
du Patrimoine 2010
Bal "1870, Instauration de la IIIe République"
au château de Breteuil
Bal "1870, Instauration de la IIIe République"
au château de Breteuil
Le dimanche 19 septembre verra la journée du Patrimoine
du château de Breteuil fêter
l'année 1870 et l'Instauration de la IIIe République.
Pour cela, Carnet de Bals vous donne rendez-vous au château
de Breteuil à midi, près du pigeonnier, pour partager des rafraîchissements
d'accueil ; n'omettez pas d'apporter une coupe d'apéritif. Les personnes
désireuses de se changer sur place pourront le faire au 1er étage de l'orangerie.
Notre pique-nique annuel pourra alors prendre place autour
du pigeonnier... N'hésitez donc pas à vous munir de vos paniers, vaisselles
et repas de pique-nique pour ajouter à la reconstitution…
Deux bals-animations sont alors prévus dans le courant
de l'après-midi : un à 14h30 et un à 16h30. Le programme de ces bals-animations
est donné ci-dessous.
À partir de 17h30, si les conditions climatiques l'autorisent
(pas de vent venant de l'Ouest), des montgolfières seront gonflées pendant
la fin de notre présentation, afin que nous puissions finir notre bal
en accompagnant dans la liesse les heureux voyageurs, qui symboliseront
le départ de Gambetta pour sauver Paris.
À partir de 20 heures, prévoyez un second pique-nique
dans l'orangerie pour réconforter les aventuriers aériens.
Bal 1870 – Instauration de la IIIe République
au château de Breteuil
• Marche d’ouverture, sur un thème de la grande duchesse de Gérolstein
• Quadrille français, militaire
• Galopade
• Marche de Malborough
• Valse, les Roses du Sud
• Mazurka des sourires
• Fantaisie coquette
• Polka, l’Infanterie militaire
• Quadrille des variétés parisiennes, fig. 4 et 3
• Scottish, le Château enchanté
• Gigue française des Salons
• Valse des roses
• Polka, les Ballons libres
• Quadrille des Lanciers, fig. 4 et 5
• Anglaise
• Polka, Marianka
• Valse, la Musique des Sphères
1870 : Instauration de la IIIe République
par Clémence Troesch-Varlet
"Discussions sur la guerre dans un café
parisien", paru dans The Illustrated London News le 17 septembre
1870
L'effondrement de l'Empire
19 juillet 1870 : la France déclare la guerre
à la Prusse. Les opérations militaires commencent le 2 août,
mais l'armée française conduite par le Maréchal Leboeuf
ne réunit que 265 000 hommes à la frontière, contre
500 000 prussiens.
Les Allemands prennent l'offensive en Alsace, et contraignent
les Français à reculer jusqu'à Nancy, puis Châlons.
Mac-Mahon se retire de la ville de Froeschviller le 6 août. Strasbourg
capitule, puis Belfort, sous le commandement de Denfert-Rochereau.
Mi-août, la Lorraine est envahie à son tour. L'armée française se replie sur Metz, mais se retrouve bientôt encerclée par les forces ennemies. Mac-Mahon envoie son armée vers Montmédy, mais se heurte aux Prussiens le 31 août dans la dépression de Sedan : la bataille s'engage le 1er septembre.
124 000 français, encerclés par 240 000 allemands, se font mitrailler et bombarder. A 17 heures, pour éviter le massacre, Napoléon III accepte de négocier avec le Général Moltke. La capitulation est signée le 2 septembre 1870.
Mi-août, la Lorraine est envahie à son tour. L'armée française se replie sur Metz, mais se retrouve bientôt encerclée par les forces ennemies. Mac-Mahon envoie son armée vers Montmédy, mais se heurte aux Prussiens le 31 août dans la dépression de Sedan : la bataille s'engage le 1er septembre.
124 000 français, encerclés par 240 000 allemands, se font mitrailler et bombarder. A 17 heures, pour éviter le massacre, Napoléon III accepte de négocier avec le Général Moltke. La capitulation est signée le 2 septembre 1870.
Entrevue de Napoléon III et de Otto Von Bismark
le 2 septembre 1870.
La capitulation de Sedan est connue à Paris dès
le 3 septembre. Dans la nuit du 3 au 4 septembre, les députés
se réunissent d'urgence au Palais Bourbon et s'interrogent sur
la conduite à suivre. Faut-il confier la régence à
l'Impératrice ? Ou bien constituer un gouvernement provisoire ?
Mais le 4 en début d'après midi, le Corps
législatif est envahi par une foule de parisiens révolutionnaires
et républicains, ainsi que des gardes nationaux en armes, qui exigent
la déchéance de l'Empereur prisonnier des Prussiens et la
proclamation de la République. Le 4 septembre est un dimanche :la
foule des travailleurs s'amasse place de la Concorde, devant le Palais-Bourbon
et rentre de force dans la salle des séances. Les Députés
craignent alors d'être débordés par l'insurrection,
à l'image du scénario des précédentes révolutions
parisiennes de 1830 ou de 1848.
Le palais du Corps législatif envahi par la foule parisienne, le 4 septembre 1870, Guiaud. Musée Carnavalet.
Encouragés par un groupe d'agitateurs jacobins
ou socialistes, tels que Delescluze, Blanqui ou Flourens,
Léon Gambetta, Jules Favre, les députés Jules Ferry,
Jules Grévy, Jules Simon et Adolphe Crémieux décident
de se rendre avec les manifestants à l'Hôtel de Ville de
Paris. Ils proclament alors d'eux-même la IIIe République
au milieu d'une liesse générale, en déconnexion totale
avec un pays pourtant en plein chaos militaire.
Jules Ferry raconte : « Il y avait des fleurs aux fusils, des guirlandes ; c'était un air de fête dans la cité. Jamais révolution ne se fit avec une telle douceur ».
La foule en liesse sur la place de l'Hôtel de
Ville. ©Rogier-Viollet
La Révolution s'accomplit sans une seule goutte
de sang. Un gouvernement de la Défense nationale est formé.
Les députés de la Seine (républicains élus
en 1869) forment le gouvernement provisoire, dirigé par Jules Favre
et le général Trochu.
L'Impératrice se voit contraint de quitter les Tuileries et part se réfugier en Angleterre.
L'Impératrice se voit contraint de quitter les Tuileries et part se réfugier en Angleterre.
L'Impératrice Eugénie quittant les Tuileries.
Montage photographique. Collection Sirot.
Paris assiégé
Le 15 septembre, un télégraphe arrive au
Ministère de l'Intérieur : dix mille Allemands se dirigent
sur Joinville. Les habitants des banlieues abandonnent leur village et
viennent se réfugier dans Paris.
Les parisiens veulent participer à la défense
de la ville. Un arrêté est publié à leur demande
pour autoriser la création de bataillons de volontaires, qui sont
alors formés et enrôlés devant le Panthéon.
« Nous ne céderons ni un pouce de notre territoire ni
une pierre de notre forteresse » dit Jules Favre.
Drapeau tricolore planté par les gardes nationaux. ©Rogier-Viollet
Mais le 19 septembre, Paris est encerclé.
Le 7 octobre, Léon Gambetta, Ministre de l'Intérieur, quitte Paris en ballon et tente d'organiser à Tours une armée en vue de secourir la capitale. De leur côté, les parisiens vont vivre pendant l'hiver un siège épouvantable, privés de ressources, affamés et épuisés.
Le 7 octobre, Léon Gambetta, Ministre de l'Intérieur, quitte Paris en ballon et tente d'organiser à Tours une armée en vue de secourir la capitale. De leur côté, les parisiens vont vivre pendant l'hiver un siège épouvantable, privés de ressources, affamés et épuisés.
Départ de Gambetta pour Tours sur "l'Armand-Barbès", le 7 octobre 1870, à Montmartre , Didier et Guiaud, Musée Carnavalet.
L'hiver 1870-1871
Coupée du reste du pays, Paris subit rapidement
la rigueur d’un hiver très froid ainsi que des bombardements
allemands fréquents.
« Je dîne chez Bréban. On cause
de la noire misère. Charles-Edmond raconte ce fait : sa femme,
se trouvant chez son boucher, vit une femme vêtue proprement, vêtue
comme une femme de la société, entrer et demander un sou
de raclures de cheval. La femme de mon ami mit un franc, dans la main
de cette femme qui, pour la remercier, se mit à fondre en larmes.
»
Goncourt. Journal. Hiver 1870.

Le rationnement des denrées est organisé
avec retard, les queues s’allongent devant les commerces de bouche
qui sont alors pris d’assaut par les parisiens affamés. Les
prix de la viande, des conserves, du pain et des denrées alimentaires
flambent.
La queue à la porte d'une épicerie,
novembre 1870. Jacques Guiaud, Musée Carnavalet.
La bourgeoisie commence à abattre des chevaux,
que les pauvres avaient été jusque là les seuls à
consommer. Quand les chevaux viennent à manquer, on consomme les
animaux domestiques (chiens, chats,...) puis les rats.
Siège de Paris, 1871. Boucher découpant
un rat . Paris, Musée Carnavalet. ©Rogier-Viollet
Les animaux du Jardin des Plantes sont progressivement
sacrifiés, et le 30 décembre 1870, on décide d'abattre
les deux éléphants Castor et Pollux.
Siège de Paris, 1870-71. Marchande de chats et de rats, au marché Saint-Germain. Dessin. ©Rogier-Viollet
Siège de Paris, 1870-71. Marchande de chats et de rats, au marché Saint-Germain. Dessin. ©Rogier-Viollet
Les habitants sont privés de bois et charbon,
et sans gaz, les rues sont plongées dans l'obscurité dès
la tombée de la nuit.
« Les parisiens vont, par curiosité, voir les quartiers bombardés. On va aux bombes comme on irait au feu d'artifice. Il faut des gardes nationaux pour maintenir la foule. Les Prussiens tirent sur les hôpitaux. Ils bombardent le Val-de-Grâce. Leurs obus ont mis le feu, cette nuit, aux baraquements du Luxembourg, pleins de soldats blessés et de malades qu'il a fallu transporter, nus et enveloppés comme on a pu, à la Charité. »
Victor Hugo, 6 janvier 1871
Après la manifestation du 22 janvier réprimée
par la mairie de Paris, une convention d'armistice est signée entre
la Prusse et le Gouvernement de Défense Nationale le 26 janvier
1871. Le cessez-le-feu prend acte à 20 h 40 le soir même.
Le retour des Parisiens dans la capitale en juin 1871

Après la « semaine sanglante » et dès les derniers jours de mai 1871, les Parisiens reviennent en nombre dans Paris qu’ils ont généralement quitté en deux vagues massives : les uns après la proclamation du siège le 19 septembre 1870, les autres après le 18 mars 1871.
« Pour la plupart, ils sont partis
pour la grande banlieue ou la province. Certains ont suivi les errances
des gouvernements à Tours, Bordeaux et Versailles. Ainsi tenus
éloignés de la capitale, les Parisiens vivent les événements
au travers des rumeurs et de la presse. A leur retour, ils découvrent
le spectacle d’une ville en ruine, aux rues défoncées
et aux édifices incendiés, tandis que la répression
versaillaise poursuit sa tâche. »
B. Tillier