Les archives de Carnet de Bals

Grand Bal de Pâques : 1912 sur la péniche

L’annonce et ses documents

Grand Bal de Pâques

le samedi 14 avril 2012

Péniche


Bal Peniche
Carton d'invitation à télécharger ici.
"Bal illustré 1912" à télécharger ici.
Paris 1912
Les années 1898 à 1910 marquent un tournant majeur dans l'histoire de la IIIe République. C'est à cette période que se produisent de grands événements politiques et des changements économiques qui vont bouleverser le mode de vie français.
La hausse mondiale des prix ranime l'économie, après la période de grande dépression des années 1875-1895. Les premières retombées de l'industrialisation ainsi que le développement des industries artisanales de luxe permettent une élévation du niveau de vie et la naissance de modes de consommation modernes.
En 1898, la crise de Fachoda, dans le Haut-Nil, d’où une expédition française avait dû se retirer devant la détermination de l’Angleterre à garantir sa mainmise sur le territoire égyptien, fût-ce au prix d’un conflit, exacerbe les réflexes nationalistes de l’opinion publique. Mais, loin de gâter durablement les relations diplomatiques franco-britanniques, à la table des négociations, en avril 1904, les deux nations ennemies d’hier en viennent à s’allier contre la puissance qui représente le véritable péril pour leurs politiques colonialistes respectives en Afrique : l’Empire allemand. Cette Entente cordiale débouche en 1907 sur la Triple-Entente quand Nicolas II choisit son camp.
1 scouts entente cordiale
Deux jeunes scouts célébrant l'Entente cordiale, 1912 2 triple entente
Affiche russe symbolisant la Triple-Entente, 1914
Paris ou la douceur de vivre
Paris se développe à la Belle Époque. Avec plus de 2 700 000 habitants, sa forte industrialisation et la centralisation en font l'une des villes les plus dynamiques d'Europe. Le métro est construit en 1900 pour accueillir les visiteurs de l'exposition universelle, mais surtout pour désengorger les avenues principales, où les automobiles commencent à concurrencer les voitures à cheval et les tramways, formant une cohue indescriptible. 
3 paris douceur vivre
Chaque quartier de Paris a ses particularités. La rive gauche est intellectuelle, la rive droite commerçante et artisanale. À l'ouest, se trouvent les résidences aisées, et à l'est, les quartiers plus modestes, plus populaires. Les banlieues se développent à la même époque grâce à l'essor industriel. Les villes aux alentours de Paris se dynamisent, les réseaux ferrés et fluviaux sont augmentés, afin de faciliter le transfert des marchandises et de répondre aux nouveaux besoin des Parisiens, plus nombreux à posséder des résidences secondaires à la campagne.
Paris 1910 vue d u pont des arts
Paris, vue du Pont des Arts et des Quais de Seine, 1910

La Belle Epoque
Le mythe de la Belle Époque, forgé par la littérature, n'évoque en réalité que l'éclat et les mondanités de la vie parisienne. Cette société particulière, très restreinte, profite alors de la vie, des raffinements et des plaisirs qu'elle peut offrir, tant qu'il est encore possible d'en jouir. L’urgence s’en fait sentir, la guerre menace d’éclater à tout moment, on la sent enfler et rouler comme un lourd nuage qui bouche l’horizon. Alors on se grise de caprices et de délices pour affirmer cette soif de vivre qui, en niant la guerre de toutes ses forces, pourrait peut-être en repousser le spectre au loin.
Elegantes en promenade a Longchamps Bois de Boulogne 1912
Elégantes en promenade à Longchamps, Bois de Boulogne, 1912
Il se produit comme une explosion culturelle au tournant du XXe siècle, un développement constant d'activités et de loisirs, afin de satisfaire les appétits de la société parisienne. La vie mondaine atteint un éclat sans précédent et inimitable. Paris devient un théâtre.
Au fil des ans, ces activités vont se populariser, attirer toutes les couches de la population, et étendre les loisirs jusque dans les faubourgs et les banlieues. Avec l'arrivée massive de provinciaux à Paris, le nouveau rythme de vie des faubourgs et des banlieues favorise la multiplication des cafés-concerts, cabarets et music-halls. Entre 1870 et 1914, ce sont plus de 150 salles qui ouvrent leurs portes à Paris et en périphérie pour satisfaire cette population travailleuse avide de détente et de loisirs.
Fete du Skiff coupe de Paris 18 septembre 1910
18 septembre 1910, Fête du Skiff, coupe de Paris d’aviron en bord de Seine, Neuilly Plaisance

Le Divan Japonais, le Moulin Rouge, les Folies Bobino, la Gaîté Montparnasse ou le Bataclan, entre autres, connaissent leur période de gloire entre 1890 et 1910.
Le cinema Gaumont Palace place clichy 1912
Le cinéma Gaumont Palace. Place Clichy, 1912

Le Moulin Rouge vers 1903
Le Moulin Rouge vers 1903
Et Montmartre, qui n'était encore qu'un village, devient le centre de la vie nocturne parisienne.

« Oui, Paris est enragé. Mais enragé de plaisir et du besoin de "mordre à toutes les grappes de l'amour et de la fantaisie" »
Henri Buguet (1845-1920)
En 1900, le premier parc d'attraction est inauguré à Paris en face du pont de l'Alma. Ouvert de 13 heures à minuit, « Magic City » offrait aux parisiens diverses attractions de foire, des montagnes russes, ainsi qu'une vaste piste de danse. Il est suivi en 1909 par le Luna Park, porte Maillot.
L attraction La Cascade a Magic City 1910
L'attraction "La Cascade" à Magic City, 1910


Le Water Chute au Luna Park 1910
Le "Water Chute" au Luna Park, 1910

C'est aussi au début du XXe siècle que naissent certains loisirs encore en vogue aujourd'hui. Les premiers Jeux olympiques se déroulent en 1896 à Athènes, puis à Paris en 1900. Le Tour de France voit le jour en 1903.
Les deux expositions universelles de 1889 et de 1900, font de la ville un véritable symbole, un haut lieu de la modernité et de l'innovation. Paris devient « la Ville lumière ».
Joute sur la Seine 1912
Joute sur la Seine, 1912

L exposition universelle de Paris 1900
L'exposition universelle de Paris, 1900

Paris ou la douceur de vivre
De nouveaux besoins naissent au tournant du XXe siècle : les industries aéronautiques et automobiles sont en plein essor, et forment à elles deux le secteur le plus dynamique de l'industrie parisienne. Nées en 1890, elles restent d'ailleurs à la tête de l'industrie mondiale jusqu'à la veille de la Grande Guerre.

Le Salon de l Automobile a Paris vers 1910 Grand Palais
Le Salon de l'Automobile à Paris vers 1910. Grand Palais

On note aussi, à cette époque, le développement des produits pharmaceutiques, de la chimie, de la parfumerie, de la presse et de l'imprimerie. Paris joue un rôle considérable dans le développement de la communication de masse, et devient, avant même l'Amérique, le point central de l'activité cinématographique.


Le cinématographe Lumière
Mecanisme du projecteur Lumiere 1897
Mécanisme du projecteur Lumière, 1897
Le 22 mars 1895, quelques Parisiens médusés, réunis dans les locaux de la Société d’encouragement pour l’Industrie nationale, assistent à la première démonstration de l’appareil mis au point par les frères Lumière et voient des images s’animer devant leurs yeux comme dans la réalité. Thomas Edison avait déjà inventé le kinétoscope, mais les films n’étaient visibles que par une seule personne à la fois, à travers l’œilleton d’une boîte obscure. Le mécanisme breveté par Auguste et Louis Lumière agit par intermittence sur un ruban perforé auquel il imprime des déplacements, séparés par des arrêts pendant lesquels s’opère le visionnage des épreuves. Devant le succès triomphal remporté par le cinématographe, en décembre de la même année est inaugurée, boulevard des Capucines, la première d’une longue série de projections commerciales qui essaiment bientôt à travers le monde entier.

Cinematographe Lumiere

Le public, devant une fiction comme « L’Arroseur arrosé » (1895), est totalement captivé, les visages sont tour à tour hilares ou stupéfaits, quand le jet d’eau se dirige vers la salle, des avant-bras se dressent d’un mouvement réflexe dans une vaine tentative de s’abriter des éclaboussures ! Ces scènes prises sur le vif, enregistrées dans la durée, créent un effet d’illusion d’autant plus efficace que l’image est travaillée dans sa composition picturale, cadrage, répartition des masses, effets de lumière… tout y est encore plus beau que nature.
Le Voyage dans la Lune 1902
Le Voyage dans la Lune, 1902
Explorant ses propres voies et ses propres enchantements, Georges Méliès entend, quant à lui, la magie du cinématographe au sens le plus étendu. Mécanicien et illusionniste de formation, animé par un authentique esprit poétique, il laisse libre cours à la fantaisie la plus débridée dans des scénarios élaborés, qu’on songe au « Voyage dans la Lune » (16 minutes, 1902), et multiplie les innovations techniques et les « effets spéciaux » fantastiques dans le studio de cinéma qu’il a créé de toutes pièces sur sa propriété de Montreuil. La Grande Guerre, interrompant brutalement toute activité cinématographique, va le ruiner, tous ses films sont dispersés, détruits pour la plupart.

Le studio de cinema de Melies a Montreuil
Le studio de cinéma de Méliès à Montreuil
Dans les années 1900, les entreprises alimentaires se développent à leur tour. De grandes maisons comme Lefèvre-Utile, qui étaient jusque-là artisanales, se mécanisent et distribuent leurs produits à travers toute la France. Il en est de même pour l'industrie du vêtement : les articles parisiens sont une référence incontestée à travers le monde entier.
Affiche publicitaire LU Mucha
Affiche publicitaire LU, Micha
Mais en 1911, la crise d'Agadir nous précipite au bord du conflit. Réitérant, après le coup de Tanger de 1905, ses prétentions sur le Maroc où la France tente d’instaurer son protectorat, Guillaume II envoie des canonnières se relayer dans la rade d’Agadir. Sa provocation belliqueuse se heurte aussitôt au front uni des deux alliés de l’Entente cordiale qu’il espérait fragiliser. Tout s’arrête, ou presque… Il leur reste si peu de temps, les Français profitent des derniers instants de joie et d'insouciance qu’ils peuvent encore happer au passage.

Une course à la destruction
En ce printemps 1912, l’Europe est le centre de toutes les activités culturelles et festives, le vieux continent bouillonne d’énergie et de pouvoir, mais ne représente qu’un château de cartes en équilibre fragile. En mai 1815 lors du congrès de Vienne, l’Europe était un champ de ruine dévasté par les guerres napoléoniennes, les diplomates et les anciennes dynasties tentèrent alors tant bien que mal de reconstruire, de fédérer, d’organiser autour d’Etats-nations. Malheureusement, les montées nationalistes, les revendications des peuples, les volontés d’expansion secouent cette ordonnance instable qui essaie de se maintenir depuis un siècle.
Aujourd’hui la paix est menacée et chancelle sous les coups des rivalités économiques et coloniales et d’un système d’alliances concurrentes. Les Pouvoirs centraux de l’Allemagne, de l’Autriche-Hongrie et de l’Italie se retrouvent désormais face à une coalition moins désordonnée et ambigüe depuis le ralliement de la Russie à la Grande-Bretagne et à la France. La Triple-Entente et la Triplice restent fragiles : les forces nationalistes slaves des Balkans s’agitent, l’Empire ottoman est en train de sombrer, le désir d’expansion de la Prusse est à son paroxysme. Depuis la France les rumeurs de guerre se font aussi entendre, la récente élection à la présidence de la République de Monsieur Raymond Poincaré, « l’homme de la revanche », comme il aime à se faire appeler, promet de nous rendre enfin l’Alsace et la Lorraine ; voilà 20 ans déjà, qu’est enseignée dans les écoles une carte de la géographie française où ces régions « endeuillées » sont peintes en noir pour aviver le sentiment belliqueux.
Malgré de tels dangers, libéraux, intellectuels et hommes d’affaires modernes préfèrent se rallier à l’opinion optimiste de l’écrivain anglais Norman Angell. Son livre La Grande Illusion, publié en 1910, est devenu un véritable best-seller et a conquis les campus d’Oxbridge avec son postulat : « La guerre est impensable ». Une guerre mécanisée moderne serait catastrophique, dépourvue d’intérêt car d’aucun profit, ni pour le gagnant, ni pour le perdant, et perturberait si profondément le système économique qu’aucune nation ne s’y risquerait. De plus, ajoute-t-il, l’interdépendance économique et financière est maintenant si importante, que la guerre est exclue.
Norman Angel
Norman Angel, prix Nobel de la Paix en 1933, chevalier de la Légion d'honneur Le Kaiser se sent lésé dans la course aux colonies et veut étendre la domination de la Prusse, l’Autriche-Hongrie qui n’a pas connu de changement depuis 1815 ne parvient plus à maintenir les poussées nationalistes enchevêtrées dans maints accords diplomatiques, la France veut récupérer ses territoires occupés, la Grande-Bretagne ébranlée par les soulèvements en Irlande et en Inde veut préserver sa flotte, ses banques et sa prédominance sur ses territoires colonisés, la Russie a été humiliée par la guerre contre le Japon et est en proie aux soulèvements populaires. Les intervenants s’alignent, s’observent, s’étudient… Leurs armées sont prêtes à bondir pour défendre leur honneur national et leurs alliés douteux. Il suffirait en fin de compte d’un seul événement pour provoquer la Grande Illusion et plonger l’Europe dans la guerre. Le monde entier nous regarde nous amuser et danser sur cette poudrière pour savoir qui flanchera le premier, car, à vrai dire, depuis près d’un siècle, quelqu’un l’a toujours fait… Mais que pouvons-nous faire pour empêcher cela ? Vraisemblablement rien… Et rien ne pourrait finalement être plus urgent que de profiter une dernière fois du plaisir qu’est cet art de vivre dans ce XIXe siècle qui touche à sa fin…
Dansons !

Autre version ancienne du dossier Paris 1912

Grand Bal de Pâques

le samedi 14 avril 2012

Péniche


Bal Peniche
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Paris 1912
Les années 1898 à 1910 marquent un tournant majeur dans l'histoire de la IIIe République. C'est à cette période que se produisent de grands événements politiques et des changements économiques qui vont bouleverser le mode de vie français.
La hausse mondiale des prix ranime l'économie, après la période de grande dépression des années 1875-1895. Les premières retombées de l'industrialisation ainsi que le développement des industries artisanales de luxe permettent une élévation du niveau de vie et la naissance de modes de consommation modernes.
En 1898, la crise de Fachoda, dans le Haut-Nil, d’où une expédition française avait dû se retirer devant la détermination de l’Angleterre à garantir sa mainmise sur le territoire égyptien, fût-ce au prix d’un conflit, exacerbe les réflexes nationalistes de l’opinion publique. Mais, loin de gâter durablement les relations diplomatiques franco-britanniques, à la table des négociations, en avril 1904, les deux nations ennemies d’hier en viennent à s’allier contre la puissance qui représente le véritable péril pour leurs politiques colonialistes respectives en Afrique : l’Empire allemand. Cette Entente cordiale débouche en 1907 sur la Triple-Entente quand Nicolas II choisit son camp.
1 scouts entente cordiale
Deux jeunes scouts célébrant l'Entente cordiale, 1912 2 triple entente
Affiche russe symbolisant la Triple-Entente, 1914
Paris ou la douceur de vivre
Paris se développe à la Belle Époque. Avec plus de 2 700 000 habitants, sa forte industrialisation et la centralisation en font l'une des villes les plus dynamiques d'Europe. Le métro est construit en 1900 pour accueillir les visiteurs de l'exposition universelle, mais surtout pour désengorger les avenues principales, où les automobiles commencent à concurrencer les voitures à cheval et les tramways, formant une cohue indescriptible. 
3 paris douceur vivre
Chaque quartier de Paris a ses particularités. La rive gauche est intellectuelle, la rive droite commerçante et artisanale. À l'ouest, se trouvent les résidences aisées, et à l'est, les quartiers plus modestes, plus populaires. Les banlieues se développent à la même époque grâce à l'essor industriel. Les villes aux alentours de Paris se dynamisent, les réseaux ferrés et fluviaux sont augmentés, afin de faciliter le transfert des marchandises et de répondre aux nouveaux besoin des Parisiens, plus nombreux à posséder des résidences secondaires à la campagne.
Paris 1910 vue d u pont des arts
Paris, vue du Pont des Arts et des Quais de Seine, 1910

La Belle Epoque
Le mythe de la Belle Époque, forgé par la littérature, n'évoque en réalité que l'éclat et les mondanités de la vie parisienne. Cette société particulière, très restreinte, profite alors de la vie, des raffinements et des plaisirs qu'elle peut offrir, tant qu'il est encore possible d'en jouir. L’urgence s’en fait sentir, la guerre menace d’éclater à tout moment, on la sent enfler et rouler comme un lourd nuage qui bouche l’horizon. Alors on se grise de caprices et de délices pour affirmer cette soif de vivre qui, en niant la guerre de toutes ses forces, pourrait peut-être en repousser le spectre au loin.
Elegantes en promenade a Longchamps Bois de Boulogne 1912
Elégantes en promenade à Longchamps, Bois de Boulogne, 1912
Il se produit comme une explosion culturelle au tournant du XXe siècle, un développement constant d'activités et de loisirs, afin de satisfaire les appétits de la société parisienne. La vie mondaine atteint un éclat sans précédent et inimitable. Paris devient un théâtre.
Au fil des ans, ces activités vont se populariser, attirer toutes les couches de la population, et étendre les loisirs jusque dans les faubourgs et les banlieues. Avec l'arrivée massive de provinciaux à Paris, le nouveau rythme de vie des faubourgs et des banlieues favorise la multiplication des cafés-concerts, cabarets et music-halls. Entre 1870 et 1914, ce sont plus de 150 salles qui ouvrent leurs portes à Paris et en périphérie pour satisfaire cette population travailleuse avide de détente et de loisirs.
Fete du Skiff coupe de Paris 18 septembre 1910
18 septembre 1910, Fête du Skiff, coupe de Paris d’aviron en bord de Seine, Neuilly Plaisance

Le Divan Japonais, le Moulin Rouge, les Folies Bobino, la Gaîté Montparnasse ou le Bataclan, entre autres, connaissent leur période de gloire entre 1890 et 1910.
Le cinema Gaumont Palace place clichy 1912
Le cinéma Gaumont Palace. Place Clichy, 1912

Le Moulin Rouge vers 1903
Le Moulin Rouge vers 1903
Et Montmartre, qui n'était encore qu'un village, devient le centre de la vie nocturne parisienne.

« Oui, Paris est enragé. Mais enragé de plaisir et du besoin de "mordre à toutes les grappes de l'amour et de la fantaisie" »
Henri Buguet (1845-1920)
En 1900, le premier parc d'attraction est inauguré à Paris en face du pont de l'Alma. Ouvert de 13 heures à minuit, « Magic City » offrait aux parisiens diverses attractions de foire, des montagnes russes, ainsi qu'une vaste piste de danse. Il est suivi en 1909 par le Luna Park, porte Maillot.
L attraction La Cascade a Magic City 1910
L'attraction "La Cascade" à Magic City, 1910


Le Water Chute au Luna Park 1910
Le "Water Chute" au Luna Park, 1910

C'est aussi au début du XXe siècle que naissent certains loisirs encore en vogue aujourd'hui. Les premiers Jeux olympiques se déroulent en 1896 à Athènes, puis à Paris en 1900. Le Tour de France voit le jour en 1903.
Les deux expositions universelles de 1889 et de 1900, font de la ville un véritable symbole, un haut lieu de la modernité et de l'innovation. Paris devient « la Ville lumière ».
Joute sur la Seine 1912
Joute sur la Seine, 1912

L exposition universelle de Paris 1900
L'exposition universelle de Paris, 1900

Paris ou la douceur de vivre
De nouveaux besoins naissent au tournant du XXe siècle : les industries aéronautiques et automobiles sont en plein essor, et forment à elles deux le secteur le plus dynamique de l'industrie parisienne. Nées en 1890, elles restent d'ailleurs à la tête de l'industrie mondiale jusqu'à la veille de la Grande Guerre.

Le Salon de l Automobile a Paris vers 1910 Grand Palais
Le Salon de l'Automobile à Paris vers 1910. Grand Palais

On note aussi, à cette époque, le développement des produits pharmaceutiques, de la chimie, de la parfumerie, de la presse et de l'imprimerie. Paris joue un rôle considérable dans le développement de la communication de masse, et devient, avant même l'Amérique, le point central de l'activité cinématographique.


Le cinématographe Lumière
Mecanisme du projecteur Lumiere 1897
Mécanisme du projecteur Lumière, 1897
Le 22 mars 1895, quelques Parisiens médusés, réunis dans les locaux de la Société d’encouragement pour l’Industrie nationale, assistent à la première démonstration de l’appareil mis au point par les frères Lumière et voient des images s’animer devant leurs yeux comme dans la réalité. Thomas Edison avait déjà inventé le kinétoscope, mais les films n’étaient visibles que par une seule personne à la fois, à travers l’œilleton d’une boîte obscure. Le mécanisme breveté par Auguste et Louis Lumière agit par intermittence sur un ruban perforé auquel il imprime des déplacements, séparés par des arrêts pendant lesquels s’opère le visionnage des épreuves. Devant le succès triomphal remporté par le cinématographe, en décembre de la même année est inaugurée, boulevard des Capucines, la première d’une longue série de projections commerciales qui essaiment bientôt à travers le monde entier.

Cinematographe Lumiere

Le public, devant une fiction comme « L’Arroseur arrosé » (1895), est totalement captivé, les visages sont tour à tour hilares ou stupéfaits, quand le jet d’eau se dirige vers la salle, des avant-bras se dressent d’un mouvement réflexe dans une vaine tentative de s’abriter des éclaboussures ! Ces scènes prises sur le vif, enregistrées dans la durée, créent un effet d’illusion d’autant plus efficace que l’image est travaillée dans sa composition picturale, cadrage, répartition des masses, effets de lumière… tout y est encore plus beau que nature. Explorant ses propres voies et ses propres enchantements, Georges Méliès entend, quant à lui, la magie du cinématographe au sens le plus étendu. Mécanicien et illusionniste de formation, animé par un authentique esprit poétique, il laisse libre cours à la fantaisie la plus débridée dans des scénarios élaborés, qu’on songe au « Voyage dans la Lune » (16 minutes, 1902), et multiplie les innovations techniques et les « effets spéciaux » fantastiques dans le studio de cinéma qu’il a créé de toutes pièces sur sa propriété de Montreuil. La Grande Guerre, interrompant brutalement toute activité cinématographique, va le ruiner, tous ses films sont dispersés, détruits pour la plupart.
Le Voyage dans la Lune 1902
Le studio de cinema de Melies a Montreuil